Comment ne pas en
parler ? Barack Obama est devenu cette nuit le 44ème Président des
États-Unis d'Amérique.
Quand je vois cela, je suis heureux pour deux choses. Premièrement,
parce que même s'il ne changera pas intégralement le monde tel le
messie du 21ème siècle, il va contribuer à un réel changement à
l'échelle de son pays comme à celle du monde. Deuxièmement, parce
que l'onde de choc que procure son élection prouve que les
démocrates – et donc mon cher Mouvement Démocrate ^^ -
peuvent gagner une élection. Je m'explique.
Barack Obama a gagné parce qu'il a su
fédérer. Il s'est d'abord construit une équipe les minorités
derrières lui, quelles soient noires, hispaniques, les femmes au
foyer, les ouvriers, les ruraux, les « banlieusard »
touchés par les subprimes, les membres des classes moyennes et les
classes supérieures éclairées (des peoples richissimes Matt Damon
ou George Clonney à quelques milliardaires à la Warren
Buffet ). De toutes ces minorités, il a su faire une majorité.
Des différences sont nées l'Union. Une Unité dans la diversité. Une
vraie American story comme on les aime (ou pas).
Barack Obama a gagné
parce qu'il ne ment pas, qu'il ne peut pas mentir car il a toujours
dit ce qu'il pensait. Barack Obama n'a pas fait de grand discours
pour dire « J'ai changé » (j'espère que ça vous
rappelle quelqu'un) pour simplement trouver une posture porteuse
électoralement parlant, celle du porte-parole du peuple. Il est les
porte parole du peuple. Par sa sincérité on sait qu'il ne trahira
pas. Il pourra faire des choix durs, des choix qu'il sera contraint
de faire (comme peut être rester en Irak), mais dans tous les cas
il sera sincère. On peut mentir pendant une campagne de six mois.
Qui peut mentir depuis toujours, depuis même deux ans ou
chacun de ses gestes sont disséqués ?
Il a gagné parce
qu'il à dit qu'il fallait redistribuer les richesses, faire du
social tout en ayant une économie saine et stable. Il a dit qu'il
fallait une économie régulée, remettre les hommes au centre du
système. Parce que pragmatique il sait que les vraies révolutions
ne sont pas les changements brutaux où l'on casse tout avant de
savoir ce que l'on veut construire mais celles des réformes. Pour
tout cela il a été élu. Et il a été élu par tout un peuple comme
rarement quelqu'un l'a été.
Ainsi, l'élection
américaine me fait croire quelque chose pour la France : la
dynamique lancée par Barack Obama à un nom, ou du moins la
possibilité de le devenir. Cette possibilité, ce n'est pas un
suspense, ce sont François Bayrou et le MoDem.
Je ne dis pas que
Bayrou c'est Obama et que par cette seule équation les problèmes de
la France se règleront dès qu'il sera élu et que le MoDem sera aux
commandes. Je dis que la même dynamique est en cour en France,
souterraine pour le moment, mais prête à ressurgir à tout moment
– aux européennes notamment. Une dynamique qui vise à faire
passer l'homme avant l'argent. A mener une vraie politique sociale,
c'est à dire avec de vrai moyens, à partir d'une économie saine, ce
qui nécessite des sacrifices des tous, les privilégiés en premier,
à court terme pour avoir des résultats durables. A comprendre la
diversité, pour faire ressurgir l'Unité, républicaine bien sûr
!
Certes, le MoDem ne
dispose d'aucune visiblité médiatique, ou si peu. Certes le
problème des alliances en est un, et il n'est pas à éluder. Certes,
le Mouvement Démocrates en France n'a pas le même monopole de
l'alternance comme l'a le Parti Démocrate aux Etats-Unis.
Mais face à la
dislocation du PS par ailleurs incapable de faire des choix, à
l'irréalisme d'un NPA (anticapitaliste : pour faire quoi ?), à
l'afflux de militants au MoDem (50000 environ d'après les chiffres
les plus pessimistes, et de toutes origines politiques : gaullistes
ou de sensibilité dite de gauche, et parfois de nulle part, ce qui
illustre la thèse du rassemblement) et la politique au jour le
jour et sans vision à long terme du gouvernement et de Nicolas
Sarkozy, je trouve qu'il y a une possibilité qui s'offre au
MoDem. Ne reste qu'à la concrétiser
Et le plus beau,
c'est que cette possibilité a déjà un slogan : Yes We Can.
Oui nous le pouvons... aussi !