Depuis les résultats de dimanche soir et l'annonce de la stratégie du MoDem de ne faire que des alliances locales et non pas négocier avec les instances nationales du PS ou de l'UMP, le Parti des Démocrates est devenu le villain petit canard de la politique française (s'il ne l'était pas déjà). "Alliance à géométrie variable" , "On ne sait pas où est le MoDem", "le Modem doit choisir entre l'opposition et la majorité", on somme le parti centriste de se positionner, parce qu'en France il faut choisir entre gauche et droite. C'est dire si certains observateurs n'ont pas compris la pensée des démocrates. C'est justement en voulant dépasser les vieux clivages hérités de l'opposition entre pro et anti-communisme que le MoDem s'est créé. Qui peut sérieusement penser que l'on peut revenir sur cela ?
Mais on peut tout de même se poser la question. Les journalistes annoncent que tantôt le MoDem s'allie avec le PS, tantôt avec l'UMP, ou alors essaie de ce maintenir lorsqu'il le peut. Pourquoi ? Un petit retour sur la forme s'impose - sans pour autant vouloir donner la leçon !
La pluspart des listes ne se revendiquent d'aucun parti, on a jamais aussi peu vu les logos PS ou UMP sur des affiches. Se sont avant tout des listes regroupants des personnalités de la vie associative et des simples citoyens. Les politiques n'arrivent - et dans les grandes villes seulement - que pour apporter l'organisation nécessaire, et surtout la capacité de s'investir à plein temps, et peuvent être de différent horizons. Dans ma ville d'Angers, Christophe Béchu arrivé en tête au premier tour et qui vient de l'UMP, est à la tête d'une liste formée du MoDem Laurent Gérault, de la centriste Michelle Moreau et d'Hervé Carré, ses deux derniers ventant de l'équipe du maire socialiste. Ici comme ailleurs, pas d'alliance entre parti mais entre hommes pour mieux gérer sa ville. C'est la que la politique novatrice de MoDem surprend et surtout dérange beaucoup de monde.
Les élections municipales sont des élections locales - qu'il est bon de le rappeler ! - il faut donc les considérées d'un point de vue local. Le Mouvement Démocrate a donc choisi de se consentrer sur la gestion municipale des sortants, sur les différents programmes pour choisir ou non de s'allier avec tel ou tel candidat. Quoi de plus logique ? Comment font les électeurs lorsqu'ils votent ? Ils réfléchissent pour savoir quel sera le meilleur maire, leur meilleur représentant pendant 6 ans.
Dans les villes où il n'était pas en mesure de se maintenir au second tour ou de présenter un candidat (voir l'article de L'Hérésie sur le vrai score du MoDem aux municipales), le MoDem à fait la même chose. Il a regardé les hommes et les femmes plus que les partis, il a fait attention aux propositions des candidats pour une bonne gestion à venir et à laissé de côté l'idéologie.
Et s'est finalement ça qui dérange. On crie au manque de cohérence, à la ligne obscure et on somme encore une fois de choisir. Et si la politique locale - car il faut bien différencier la ville ou le village de la nation ! - c'était avant tout faire unir toutes les bonnes volontés pour bien vivre dans sa ville ? Cette idée d'un retour à une démocratie athénienne, où les décisions sont prises sur l'agora, en accord avec tous les citoyens, fait peur aux deux appareils politiques qui se sont bâtis l'un par rapport à l'autre, se partageant ainsi le gâteau, et s'unissant de fait pour empêcher ceux qui veulent simplement s'occuper de leur ville de le faire.
On ne peut simplement pas
gérer une ville bloc contre bloc, c'est la volonté
des démocrates. Rappelons-le encore une fois : les choix
locaux du MoDem ne remètent pas en cause son
indépendance nationale. Et puisque là encore il faut
choisir, autant le dire haut et fort : le pôle
démocrate ne penche n'y d'un côté ou de l'autre
de l'échiquier politique habituel. Il n'est pas plus ou
moins éloigné du PS ou de l'UMP suivant les points de
son programme, ou simplement un pion placé à
équidistance de la gauche et de la droite. Le MoDem est
simplement radicalement indépendant vis-à-vis des
autres partis, ce qui entraine la colère de socialistes et
UMPistes qui se lèvent face à cet affront à
leur domination sans partage.
Le MoDem est un parti qui fait de la politique locale en mettant sa bonne volonté au sevice des citoyens et qui sait laisser de côtés ses idées sur le plan national pour que prévale la gestion bonne gestion municipale. N'oublions pas qu'on ne fait pas de la politique pour rapporter la couverture à soi, mais pour défendre ses concitoyens !





!





