" Mais on siffle? ... Je m'en vais ! "
Réaction de l'ancien Président de la république, Jacques Chirac, lors de la Finale de La coupe de France de 2002 opposant Bastia à Lorient (pour les pointilleux, Lorient avait gagné). Des supporters bastiais avaient sifflé la Marseillaise, le Président avait quitté les tribunes, retardant le début du match.
Le France-Tunisie ressemblait un peu à ça hier soir, le Président en moins? Pourtant, ça à sifflé fort dans les tribunes du Stade de France. Comme à chaque fois que les Bleus rencontrent une équipe maghrebine ? Sûrement (voir le France-Algérie de 2001). Et sûrement que beaucoup des siffleurs d'hier soir étaient des Tunisiens dont la haine de la France, si discutable soit-elle, est compréhensible. Imaginez la France colonisée pendant 100 par les Tunisiens, vous pensez franchement qu'on irait tranquillement passer nos vacances à Jerba ? moi, ce qui me pose problème, c'est que parmi les sifflets d'hier soir, il y avait des sifflets français. Et ça en dit long sur l'unité du pays.
Que les fils d'immigrés continuent d'aimer le pays d'origine des leurs parents, je comprends. Je trouve même ça sain et normal. Mais qu'ils en viennent à siffler l'équipe de foot - tout un symbole ! - du pays où ils habitent, voilà un gros problème ! Elle est bel et bien partie la France Black Blanc Beur de 1998.
A partir du moment où on siffle l'équipe de France, il ne faut pas s'étonner que les voitures crâment. Quand on aime pas le pays où l'on vit, on le fait sentir. La haine de ces gamins de la République pour leur mère, si là encore elle n'est pas excusable, n'est pas sans raison. Là encore, imaginez vous, en plus d'être fils de la colonisation, être exclus de la société ? Et avec la république qui ne semble pas s'interesser plus que ça à ces jeunes qui n'aiment pas la France - sauf en période électorale ! - laisse croire que le problème est insoluble.
Pourtant, s'il n'existe pas de solution miracle, il en existe un début : Barack Obama. Je sais, là vous pensez que Girino sort en réalité de deux mois d'internement et qu'il n'est pas complètement guéri, mais je m'explique. Barack Obama a prononcé un discours publié en France aux éditions Grasset sous le nom "De la Race en Amérique". Il y expose ces vues sur le problème de la race, ou plutôt de la couleur de peau et le communauté dite "d'origine". Tout simplement il parle de la haine des blancs pour les noirs et vice versa qui met à mal l'unité républicaine américaine. Pour lui, cette unité ne peut être sauvée que par la réaffirmation de cette Unité de la Citoyenneté Américaine. Tout un programme
Seulement, diront certains, rien de concret là dedans. Il faut justement que cette Unité symbolique se traduise dans le réel. L'absence de présence de l'État autrement que sous les bleus (encore eux!) des uniforomes de la Police et de la Gendarmerie explique pour moi la crise de l'Identité nationale Française, la crise de l'Unité du pacte républicain.
Utopiquement, et derrière mon petit clavier - ce qui est très facile j'avoue - des créations de Mairies nouvelles ne me déplairait pas. Ca n'est pas facile à entreprendre, mais au moins ce serait un symbole fort et pratique à la fois.
Pour que les déshérités de la République aient enfin des représentants. Que l'Unité française fasse taire les différences de couleurs. Enfin, pour que les enfants de la République voient qu'ils sont reconnus par leur mère, et qu'ils arrêtent de siffler leurs frères.





