Cette lecture par d'un truc tout bête : ma maman à la carte France Loisir, et est donc obligée d'acheter un livre par trimestre. Sauf que la dernière fois, c'est moi qui ait acheté le livre trimestriel, et que je n'ai pas rendu la fameuse carte... j'ai donc du acheté celui de Juillet/Aout à Agen (ou je me trouve pour le moment) dans un France Loisir n'ayant pas des masses de choix. Je me serai bien fait un petit Harlan Coben pour me distraire, mais ya avait pas. Alors je tombe sur ce livre, ces chroniques d'un touareg en France et j'ai été littéralement appé. Petite présentation...

Paru en 2006, Moussa Ag Assarid livre ici son regard sur notre pays. Tout d'abord, il y a le choc entre sa vie chez les Touaregs - ce battre dans le désert pour l'eau, pour la vie mais aussi pour l'école (Moussa Ag Assarid se bat d'ailleurs toujours pour la création d'écoles pour les touaregs au Mali, source de son second livre paru cette année) et "chez nous" avec cette multitude de panneaux publicitaire, l'eau qui coule d'un simple geste, mais aussi les gens qui ne se parlent plus, qui iraient presque jusqu'à appeler la police à chaque fois qu'on leur dit bonjour. C'est drôle souvent, vrai tout le temps.
Car Moussa Ag Assarid à l'avantage d'avoir un regard extérieur sur notre civilisation occidentale. Elle qui se dit supérieure aux autres se révèle bourrée de défauts sous sa plume. L'individualisme bien sûr et la peur de l'autre qui lui est lié, mais aussi cette "présence de pacotille" qu'est la télévision ainsi que ce refus d'assumer notre âge - vieux comme jeunes - qui pourtant nous va si bien.
Néanmoins, si défauts il y a, les qualités n'en sont
pas moins ommises ! En aucun cas ce livre n'est un
réquisitoire anti-occidental. C'est la sa force. Car
malgré tout ce que Moussa Ag Assarid relève, il n'en
admire pas moins la France et aime toujours y vivre (il est
même toujours étudiant à Angers). Preuve que
révéler les défauts de quelqu'un pour qu'il en
prenne conscience est souvent la plus belle preuve d'amour.
Avant de clore cet article, je voudrais souligner un dernier point : l'ouverture dont l'auteur fait preuve. Moussa Ag Assarid est musulman, comme beaucoup de touaregs. Mais à l'Islam les Touarges ont ajouté leur propre regard, toujours ouvert vers l'autre et qui accepte les modification suivant la réalité du monde présent. Cela transparait particulièrement sur l'homosexualité : Moussa rencontre en France une femme dont il tombe vite fou amoureux, et qui en plus se révèle différente des autres femmes : elle n'est pas obsédée par la chair et est sensible. ils partent tous deux en week-end à Saint-Malo, et le jeune femme lui révèle qu'elle a une petite amie. "Né dans le désert, je n'avais jamais entendu parler d'homosexualité. Que dire face à ce qui me semblait impossible" dit Moussa dans un premier temps. Avant de conclure : "j'ai aussi compris que ce que ne semblait pas naturel faisait aussi partie de la nature".
Lisez ce livre, il est plein d'enseignements, il mérite d'être placé à côté du manuel d'Épictète, ce livre que l'on devrait avoir toujours sous la main. Car ce regard est riche et permet de prendre conscience réellement de ce que l'on fait. Et comme dit Étienne Daho, les mélanges ça nous rend plus fort !









